Flèche du clocher de l'église Saint-Hilaire. Du Moyen-Age à la Révolution elle fut l'église conventuelle des Franciscains. Elle est aujourd'hui église paroissiale de la paroisse Sainte Foy. La couverture en tuiles plates, le clocher et la façade sont du XIXème siècle. Le grand mur bordier rappelle le mur de clôture du couvent. Vue de la rue Tourril.
Détail de taille. La seule trace visible du passage des Franciscains, frères mendiants, sur l'édifice est cette pierre de réemploi (?) placée en haut d'un contrefort. Elle présente gravé le symbole de l'ordre franciscain : deux bras croisés, l'un nu (celui du Christ, à droite) et l'autre vêtu de bure (celui de saint François d'Assise). Les deux mains sont marquées d'un stigmate de la Passion, et représentent une union dans un idéal de pauvreté et de renoncement. Gravée dans la pierre la date 1596. Vue de la rue Tourril.
A deux pas de Saint-Hilaire, la tour dite "des pénitents blancs" qui rappelle que l'église accueillit cette confrérie de laïcs au XIXème. Les ruines de l'ancienne église du XIème sont les seuls vestiges qui restent après l'incendie de celle-ci au XIXème. Avant d'être lieu de culte chrétien, l'archéologie révèle que le lieu fut aussi celui du culte romain de Diane, déesse de la chasse et de la lune. La tour hexagonale peut revêtir également un aspect symbolique, c'est le symbole du "coeur rayonnant" de l'étoile de David. La mairie d'Agen souhaite aménager le lieu avec un jardin public. Vue rue Gabriel Griffon.
Porche avec portail en arc brisé de l'église Saint-Hilaire. Façade assez sobre. Sur le trumeau statue de saint Hilaire avec les attributs épiscopaux (mitre et crosse... cassée!). Saint Hilaire, évêque de Poitiers lutta activement contre l'arianisme (doctrine d'Arius ne reconnaissant pas la divinité du Christ) et mourut martyr au IVème siècle. Façade du XIXème siècle.
Tympan de l'église Saint-Hilaire représentant la résurrection des morts pour le Jugement dernier. Dans la partie supérieure, dans une mandorle le Christ en majesté, entouré de deux anges: un adorateur à sa droite et un thuriféraire à sa gauche. Partie inférieure : à l'appel des trompes angéliques les morts sortent des tombeaux, à droite est représenté un évêque portant mitre, et à gauche un roi portant couronne. Tympan signé Fumadelles, sculpteur. XIXème siècle.
Eric, notre cicérone cultuel et culturel devant le parvis de l'église Saint -Hilaire avec le groupe d'adhérents du CEDP.
Détail facade de l'église Saint-Hilaire. Statue de Moïse avec les tables de la Loi. Encadrant le portail de l'église, une mise en avant des deux figures marquantes de la Bible : à droite Moïse, figure de l'Ancien Testament et père de l'Ancienne Alliance, et à gauche Saint Pierre, premier apôtre et premier pape, figure de la Nouvelle Alliance, du Nouveau Testament avec les fameuses clefs du Royaume (le Paradis!).
Détail porte d'entrée. Eglise Saint-Hilaire. Ferronnerie très travaillée. XIXème siècle.
Eglise Saint-Hilaire, dans le narthex. Eric nous explique le sens original de ce lieu avec toute la symbolique que l'homme fait toujours porter à l'architecture dans les lieux de culte, nourrissant les lieux de sens. Le narthex, espace intermédiaire entre la nef et le portail, en est un bon exemple. On méconnait aujourd'hui souvent sa fonction primitive qui était d'accueillir les "pas tout à fait chrétiens" (les catéchumènes) ou les "plus trop chrétiens" (pécheurs notoires et pénitents) qui devaient se faire baptiser ou se rédimer avant de prendre une place pleine et entière dans l'église. Cet espace de transition a aujourd'hui perdu son sens premier pour être essentiellement considéré comme une sorte de "hall" et d'antichambre tampon-acoustique avec la rue.
Intérieur église Saint-Hilaire.Vitrail représentant Sainte Marguerite. Sainte très populaire au Moyen Age dont Eric nous a raconté histoire et légende, en partant de la symbolique exprimée dans ce vitrail. A droite on voit un ange (aptère certes, mais bien ange), en suspension qui tient dans la main gauche la palme du martyre et qui de sa main désigne à Sainte Marguerite le ciel dont le martyr pour sa foi est un passeport. Sainte Marguerite est représentée terrassant avec une croix un dragon, symbole du mal. C'est en puisant dans un épisode de la Légende Dorée, récit médiéval de l'histoire des saints mélangeant faits réels et faits merveilleux, qu'a été réalisé le vitrail. On y apprend que Marguerite après s'être fait avaler réussit grâce à Dieu à se faire expulser de l'intérieur du monstre. C'est aussi à cause de cela (!) que Marguerite est implorée comme patronne des femmes enceintes, pour faciliter l'accouchement !
Nous quittons Saint -Hilaire pour nous acheminer vers d'autres lieux de culte agenais. En fond, dressée vers le ciel, repère focal dans la ville, la flèche de l'église Saint-Hilaire. Vue rue Gabriel Griffon.
Passage éclair devant la cathédrale Saint-Caprais que nous admirons juste à distance. Le temps pressant, il nous faudrait pour elle seule prévoir une sortie à part entière ! C'est pour bientôt ? ; )
Eglise Notre- Dame du Bourg. Autrefois hors les murs, entourée d'un cimetière, l'avancée de la ville et l'arasement des remparts la situent aujourd'hui en plein Agen. Sa couleur brique, son harmonie, son clocher-mur ajouré qui laisse passer l'azur, sa place créant un paysage urbain intimiste, tout contribue à en faire un des lieux préférés des Agenais.
A l'angle de la rue Montesquieu et de la rue Ledru-Rollin, discrète, une grille en fer forgé avec l'Etoile de David marque discrètement la présence du lieu de culte des israélites agenais. La synagogue ne se révèle pas extérieurement par une particularité architecturale ou urbaine. La richesse symbolique et cultuelle est ici toute intérieure.
Vue latérale de l'église du Sacré Coeur. Construite en grande partie à la fin du XIXème, après la défaite de 1871 alors que se répand le culte du Sacré Coeur, faute de moyens l'église ne peut être achevée. Ce n'est que plus tard, avec des moyens moindres et une autre technique (béton) que l'église sera achevée en se dotant de sa dernière travée et de sa façade. On voit clairement sur cette photo les deux phases de construction. La phase la plus ancienne à droite, utilisa la pierre ocre. A gauche l'utilisation du béton dans la finition du bâtiment tranche avec la première phase. Vue en venant de la rue de la Pépinière.
Façade de l'église du Sacré Coeur. Façade XIXème, en béton. Austérité et quasi-martialité de cette architecture qui écrase par sa hauteur, son manque de proportion, de références humaines. Sa couleur grise et terne renforce cette impression. N'est pas sans rappeler l'architecture de la première moitié du siècle avec les premiers usages du béton armé, architecture sobre et froide, écrasante comme l'architecture martiale des régimes totalitaires.
Détail singulier de l'entrée de l'église placée sous le signe de la Trinité : trois portes d'égale proportion, avec au dessus de chacune d'elles une des personnes de la sainte Trinité. Dieu le Fils occupe ici la place centrale avec son coeur. Les deux inscriptions latines "Cor+Jesu+Sacratissimum" et l'énonciation latine du signe de croix "In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti" insistent sur la centralité de Jésus, puisque l'Eglise lui est consacrée. Il est intéressant de voir que si la symbolique trinitaire du triangle est utilisée ici, les triangles sont cependant sur un même socle, cote à cote et non pas comme souvent sous forme pyramidale avec le Dieu le Père au sommet.
Détail sculpture triangulaire au dessus du linteau de la porte centrale de la façade. Visage du Christ très austère, nimbé d'une croix irradiante, symbole de la résurrection et de sa victoire sur la mort. En ses mains il tient son coeur, enflammé, aimant et souffrant. De part et d'autres deux anges tournent vers lui leurs regards et lui présentent l'un la croix, et l'autre la couronne.
Détail sculpture triangulaire au dessus du linteau de la porte gauche de la façade. Consacré au Saint Esprit ici représenté sous la forme de la colombe, c'est la scène de l'annonciation qui y est figurée. A gauche l'ange Gabriel avec un lys -symbole de virginité- fait l'annonce à la Vierge. Derrière Marie un ange s'incline, comme elle, devant le "Verbe qui se fait chair".
Détail sculpture triangulaire au dessus du linteau de la porte gauche de la façade. Consacré à Dieu le Père, on y voit représentés deux anges en adoration encadrant Adam et Eve, nus et inclinés, fautifs, avec au dessus, la main de Dieu le Père, à la fois créateur et juge.
Vue de biais de l'église du Sacré Coeur depuis l'avenue Jean Jaurès.
Autre lieu de culte, plus discret, celui du temple des Témoins de Jéhovah. Situé rue de l'Ecole Normale, il accueille dans un hangar aménagé les fidèles (appelés Témoins) pour un culte et des enseignements. Aucun signe extérieur ne laisse présager de la fonction cultuelle du bâtiment.
Grâce à nos entrées (eh oui, le CEDP a le bras long!) nous nous sommes fait inviter et recevoir au théâtre Ducourneau pour sortir baguettes, miches, fromages, jambons, salades, taboulé et litrons dans un environnement très classe ! ; ) Moquette rouge, rideaux et tentures de velours rouge etc. Déjeuner "théâtral" trés apprécié par les adhérents que le froid extérieur avait quelque peu tenaillés.
Salle de spectacle...sans spectacle. Lieu de travail, de vie, de réception de Marlène. Merci Marlène : )
Après l'effort, le réconfort, après le spirituel, le spiritueux... Comptez les bouteilles et divins flacons sur la table de nos adhérents....
Façade du temple de l'Église Réformée de France.Cours Victor Hugo. Construit en 1865, le temple s'inscrit dans l'environnement urbain sans se détacher particulièrement des autres constructions par sa taille ou sa forme. Sa fonction religieuse est cependant clairement marquée par le petit clocheton et par la "rosace" au centre de la façade au -dessus de la porte. Tout comme l'ensemble des lieux de cultes agenais existant déjà dans les années 1870, la façade affiche aussi la devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité", devise gravée par les représentants de la République dans un contexte politique tendu autour des convictions religieuses et l'instauration d'une République laïque. La loi de 1905 viendra réaffirmer ce principe républicain.
Détail façade et fronton du temple. Bâti avec une pierre ocre (a priori de même origine que le collège Joseph Chaumié ou que l'église du Sacré Coeur) venue par voie ferrée du centre de la France, le temple est orné d'une sorte de "rosace" à huit branches qui n'est pas sans rappeler la Croix Huguenote à huit branches dont chaque point symbolise une béatitude de l'Evangile selon saint Matthieu.
Sous l'inscription qui marque clairement la fonction et l'appartenance cultuelle de l'édifice religieux, on distingue ici très bien la trilogie Républicaine inscrite elle aussi dans la pierre.
Détail du fronton du temple où l'on voit dans un soleil irradiant, symbole de Dieu, le livre saint des chrétiens : la Bible. Ouverte on peut lire page de gauche un verset tiré de l'Evangile de Jean : "Sondez les écritures" et sur la page de gauche un autre verset de l'Evangile de Jean : "La vérité vous rendra libre". Ces versets choisis illustrent bien la place fondamentale accordée par les protestants à la lecture des écritures saintes, source de la rencontre avec la parole vivante de Dieu.
Intérieur du temple protestant de l'Eglise réformée. La forme au sol du bâtiment est rectangulaire, proche du carré. Grande luminosité, sobriété du décor. L'architecture intérieure nous parle aussi du sens de la liturgie et du sacré chez les protestants : absence d'images, de supports historiés, pas de présence d'agenouilloirs etc. Légèrement surélevée (rehaussement pour isoler le lieu de la Cène des inondations plus que mise en scène liturgique) la partie servant au pasteur pour le culte est séparée par une petite clôture sans porte. La table de la Cène même si elle ne se distingue plus bien aujourd'hui de l'autel catholique ne revêt cependant pas la même symbolique : chez les protestants elle est la table où durant le culte on fait mémoire de la Cène; alors que chez les catholiques, la "table" n'en est pas une, c'est l'autel du sacrifice où pendant la messe le sacrifice et la présence réelle du Christ par la transubstanciation ont lieu durant l'eucharistie.
Intérieur du temple protestant de l'Eglise réformée. Vue de l'allée centrale. Adossé au mur, faisant face à l'assemblée des fidèles, une chaire à double escalier permet au pasteur ou à un fidèle de lire les Ecritures et de donner chair au Verbe. A gauche de la chaire, une croix latine en bois. Lorsqu'elle est utilisée par les protestants, la croix latine n'est jamais un crucifix (présence du Christ en croix), elle est toujours seule, glorieuse : témoignage de la foi en la résurrection du Christ où la Passion n'est pas mise en avant. Le poisson (Ichtus) et la "Croix Huguenote" ou "Croix du Saint-Esprit" (Croix de Malte à 8 pointes avec pendant une colombe, symbole du Saint-Esprit) sont des symboles que les communautés protestantes utilisent aussi fréquemment.
Détail intérieur du temple protestant de l'Eglise réformée. Objet servant à recueillir le denier lors de la quête. Sorte de petite épuisette permettant au préposé à la quête de tendre l'objet aux fidèles depuis les allées sans que les fidèles se fassent passer le récipient à quêter. Le sac est en velours rouge, il permet à la fois d'offrir son don dans le secret, sans ostentation, et la matière lourde atténue aussi le bruit des pièces.
Vue de l'intérieur du temple de l'Eglise Réformée de France. Vue depuis le rehaut vers les bancs de l'assemblée.
Détail intérieur du temple de l'Eglise Réformée de France. Sur la table, une gerbe de blé, symbolique ô combien religieuse, symbole de fertilité chez les Romains avec Cérès, il est pour les chrétiens le symbole de vie : des grains on sort la farine pour en faire du pain (le Christ) afin de nourrir les hommes.
Détail intérieur du temple de l'Eglise Réformée de France. Au bas de la chaire, sur une sorte de lutrin, la Bible est ouverte. Sur le marque-page l'inscription latine "Sola Scriptura" (seule l'Ecriture). La formule rappelle le principe protestant selon lequel la Bible est l'autorité ultime à laquelle les chrétiens et l'Église se soumettent, pour la foi et la vie chrétiennes.
Intérieur du temple protestant de l'Eglise Réformée. Vue de l'étage.
Détail extérieur, la façade du temple de l'Eglise Réformée. Au pied des colonnes corinthiennes quelques végétaux en fleur s'accrochent et verdissent par touches discrètes la façade de pierre.
Mosquée d'Agen. Située à l'extérieur d'Agen, sur le site d'un ancien entrepôt d'engrais, la mosquée est assez discrète dans le paysage. Seuls quelques "pseudo"-minarets (car ici ce ne sont pas réellement des tours où un homme peut monter) tendus vers le ciel, fins, surmontés du croissant, symbole islamique marquent discrètement mais sans ambigüité un lieu de culte de l'Islam. La couleur du crépi vert rappelle aussi que celle-ci est considérée comme la couleur de l'Islam et de l'Oumma (l'ensemble des croyants musulmans). Ce vert est aussi aujourd'hui la symbolique d'un panaribisme.
Sur cette photo, on peut compter quatre "pseudo"-minarets dont le nombre est limité à six pour ne pas excéder celui de la mosquée de La Mecque qui en comporte sept. Si l'entrée principale de la mosquée est marquée à droite par les "flèches", à gauche, entre les deux "minarets" on peut apercevoir comme un décrochement en demi-cercle et cul de four (comme une sorte d'absidiole) c'est le mihrab, qui indique aux croyants la direction de la Mecque et de la Kaaba. Direction dans laquelle ils placeront leur tapis pour accomplir leurs prières.
La récente construction de la mosquée est le reflet de l'implantation assez récente d'une communauté musulmane sur le territoire français, et partant sur le territoire agenais (moins de 50 ans). C'est seulement après la guerre d'Algérie et le début d'une immigration à la fois politique (harkis) et économique (besoin de main-d'oeuvre) qu' une population maghrébine s'est peu à peu installée amenant avec elle sa culture et son culte. Les musulmans pratiquants d'Agen se retrouvent à la mosquée au moins le vendredi (jour de prière publique) mais chaque croyant peut s'y rendre quand il veut pour accomplir une des 5 prières rituelles quotidiennes fixées par l'islam.
Centre culturel Saint -Jacques. Nouvellement construit (2000-2001) dans un quartier récent et jeune (Enap, Campus Michel Serres etc). L'Eglise marque ici sa volonté de suivre la progression du monde en suivant l'étalement de l'urbanisme et en marquant le territoire de sa présence. Présence cependant discrète. Car même si le clocher et la croix marquent visuellement le caractère chrétien et cultuel du bâtiment, celui-ci ne dépareille pas dans l'architecture moderne environnante.
L'église en elle- même (qu'il conviendrait d'appeler chapelle) est ronde, et s'ouvre sur un jardin carré dont les allées forment croix au milieu d'un parterre en pelouse éclatée en quatre pans dont chacun accueille un olivier, arbre choisi ici plus pour sa force d'évocation symbolique (paix, Jardin des Oliviers, Terre Sainte etc.) que pour son adaptation au climat local. Un puits marque aussi l'importance de l'eau dans la religion catholique (symbole également récurrent dans le Judaisme et l'Islam). Le parti d'aménagement choisi par l'architecte n'est pas sans rappeler l'organisation d'un cloître entourant un jardin. L'entrée qui nous amène vers le jardin et nous invite à traverser pour ouvrir la porte de l'église, vrai autre puits (de lumière cette fois) a été très étudiée. Ce site porte aussi une charge religieuse et symbolique très forte. Baptisée église Saint -Jacques elle met en avant le positionnement d'Agen sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
Tympan de l'église de Saint-Phébade. Eglise du XXème construite dans un quartier en extension pour marquer la place de l'Eglise au milieu des nouveaux quartiers . Le tympan nous montre Saint Phébade, évêque (mitré et crossé) terrassant lui aussi le dragon... Tiens tiens, ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, Saint Phébade, comme Sainte Marguerite sont des saints dit sauroctones c'est à dire "tueurs de dragons" ou tout du moins terrasseurs de serpents. Les saints sauroctones étaient très représentés et invoqués au Moyen Age : les plus connus restant cependant encore aujourd'hui l'archange Saint Michel et Saint Georges.