Ossuaire de Tuol Sleng, la prison des tortures et des exécutions dont le patron, Kaing Guek Eav, alias Duch, est jugé aujourd'hui. Chez nous on parle souvent de 1,3 millions de morts au cours de cette "épuration" du genre génocidaire. Une injure aux chiffres Cambodgiens qui furent longtemps de 3,5 millions environ. Les "historiens" occidentaux qui n'avaient jamais mis les pieds dans le pays considéraient qu'il y avait exagération. C'est comme si on réduisait de moitié le nombre de victimes de la Shoa en prétendant que les gens touchés ont forcément tendance à l'exagération.
Parmi les exécutés et torturés : un ancien ministre des khmers Rouges. Voici sa cellule à Tuol Sleng. Il n'en sortit pas vivant. Comme la plupart de ceux (15000 dit-on) qui aboutirent dans cet ancien lycée de Phnom Penh.
Toujours à Tuol Sleng (que les Khmers appelaient "S-21")..les cellules n'avaient pas de lit. il ne s'agit donc pas d'une cellule, mais d'une chambre de torture. Le lit faisait partie des "appareils" de cette activité : on y ligotait les hommes (ou les femmes, il y en eut beaucoup) et l'on ouvrait la boîte... à outils sinistres. J'étais avec un rescapé qui visitait son ancien lieu de souffrance. Il s'est mis à trembler quand il a vu la caisse. Et il n'arrivait pas à en détacher son regard.
1/03/2009-les barbelés de Tuol Sleng étaient toujours en place
A Phnom Penh à cette époque on faisait tout à même la rue : on dormait...
(Dans la rue) On dormait profondément
(Dans la rue) on prenait son repas
(Dans la rue) on faisait la vaisselle ...
(Dans la rue) on jouait à faire des pâtés
(A même la rue) On y faisait la cuisine
(Dans la rue) on attendait que maman ait fini de préparer le repas
(Dans la rue) et les princesses y trouvaient leur pitance
A l'hôpital du "17 avril" : 400 lits, pas assez pour le nombre de patient(e)s, à peine assez d'eau pour nettoyer les instruments et le linge, pas assez pour désaltérer les malades et les blessés, et rien pour les nourrir. Les familles faisaient la cuisine au milieu des chambres. Une ou deux poignées de riz pour quelques uns.
J'ai fait le tour de l'établissement, me faufilant dans les salles ouvertes à tous vents où opéraient des équipes de chirurgiens débutants, où les gisants aux ventres ouverts maintenus par des "infirmiers" improvisés finissaient par s'évanouir en crachant la serviette qu'ils serraient entre leurs dents. Dans les chambres où j'avais cru voir sourire un enfant je repassais pour entendre les sanglots de la mère devant la dépouille du gamin.
une équipe en pleine opération dans une salle ouverte à tous vents... Et pour cause : il manquait les deux portes.
1/03/2009
Peut-être sa première photo et à coup sûr sa dernière : quand je suis repassé dans cette salle encombrée on avait retiré son corps et on était en train d'installer un autre petit malade qui passait ainsi du carrelage au sommier.
Uni-jambiste, il sera bientôt cul de jatte. Il m'a raconté son histoire : il avait sauté sur une mine anti-personnel. On avait dû lui couper la jambe droite réduite à charpie. Il avait écourté son séjour à l'hosto parce qu'on avait besoin de lui dans son village pour la récolte du riz. Il y était reparti avec sa béquille et ses trop fraîches cicatrices. Et crac ! la deuxième jambe. Une autre mine ? ai-je demandé ? Non, un accident. Un bête accident de la route. Il avait été renversé par une voiture. Dans un hameau où il doit en passer une tous les six mois.
Les statues à la gloire de l'ex-homme fort ont été mises au rencart et saccagées
La princesse Norodom Diyadh, belle-fille de Norodom Sihanouk, le prince "Font-font-les marionnettes". Elle était du voyage alors qu'elle présidait la coalition des "résistants" au gouvernement alors en place. Elle ne fut pas inquiétée. L'heure était à l'"ouverture".
Ils ont à peine l'âge d'entrer au collège. Ils se préparent pour la patrouille qui faisait respecter le couvre-feu
La maman se vend...pour pas grand chose : les touristes ne sont pas de retour et les seuls clients un peu fortunés sont les hommes des troupes "Bo Doï" (Vietnamiennes) à la fois ennemis ancestraux et libérateurs de la tyranie sanglante des khmers rouges. Les lupanars de fortune (et d'infortune) sont sur pilotis à l'aspect peu engageant sur le plan de la solidité.
1/03/2009-misérable lupanar
travailleuse du port
portrait de femme du port...Elles sont dockers.
1/03/2009-la panne
1/03/2009-la panne aussi : plus de vraies jambes dans le pantalon
J'ai retrouvé la légende d'origine. J'avais écrit : "Polpotiste sous les ordres de Khieu Samphan ou fidèle au gouvernement en place, un khmer ressemble à un autre la tête ceinte du traditionnel "khrama". La couleur des "carreaux" de ce foulard populaire est généralement rouge. Celle des deux idéologies en lice.
1/03/2009-pêche sur le Mékong
Cambodge, sur le Mékong
Commerçant en vaisselle sur le marché couvert de Phnom Penh
8/03/2009-chariot (comme prévu à l'image précédente, quelques photos cueillies ci et là)
8/03/2009-école de conduite des chariots (et de la manière de se confectionner des jambes de remplacement - handicap international)
8/03/2009-marchand de bijoux et changeur de fric (avec 10 dollars j'ai eu la liasse de gauche, celle du haut, et je n'ai pas réussi à tout dépenser)
8/03/2009-en travaux
8/03/2009-équilibre
8/03/2009-enterrement
8/03/2009-négoce
8/03/2009-famille
8/03/2009-marchande d'espoir (loterie, très florissante cette spécialité dans les pays pauvres ou en passe de l'être)
8/03/2009 -Non, je veux pas aller à l'école ! -Allez viens, je te lâcherai avant d'entrer
8/03/2009-regard